Petit éloge de la vie de tous les jours – Franz Bartelt

 

petit éloge de la vie de tous les jours, folio, 2 euro, gallimardSi le quotidien est parfois miné par la perception que beaucoup projette sur lui, il cache pourtant des beautés parfois insoupçonnées. Des laideurs aussi. Le tout c’est d’avoir cet espèce de troisième œil qui permet de voir plus loin. La vie, les autres, ce qui nous entourent, ce qui est plus éloigné, ce qui ne se voit pas, ce qui se dit, ce qui se tait, les connexions entre toutes les choses existantes et non-existantes ; à travers un discours fragmenté, Franz Bartelt réunit. Ces fragments n’ont pas nécessairement de liens directement visibles entre eux – ce qui pourra en dérouter certains-es – mais la lecture s’enchaîne.

Franz Bartel n’est pas l’écrivain le plus connu et pourtant il ne manque ni d’inspiration, ni de talent. Né en 1949 et vivant actuellement près de la frontière franco-belge, il est tout de même l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages : romans, nouvelles et autres pièces de théâtre.

Faire l’éloge, c’est parfois aussi critiquer. Mais la critique allié à l’acceptation peut se transformer en beauté. La vie de tous les jours, vous le savez aussi bien que moi, ce n’est pas drôle tous les jours justement(les répétitions non plus). Pas sérieux non plus, heureusement (heureusement).

Comme d’habitude, le style d’écriture plaira ou ne plaira pas ; heureusement que la variété des goûts et des couleurs existent, sinon le monde serait définitivement soit gris, soit rouge, soit rose, voir bleu. Et puis une couleur, ce n’est pas vraiment coloré (si toutefois cette dernière phrase est cohérente).

Là où selon moi l’auteur fait fort – peut-être n’est-ce qu’une impression malhonnête – c’est que le quotidien, les situations banales, les histoires non-fictives qui nous sont racontées, sont justement si banales, qu’elles en deviennent presque surréalistes !

Je vous propose de finir en beauté, avec une citation, à la fois révélatrice de l’œuvre mais aussi du regard de l’auteur posé sur le monde :

« Sans en avoir toujours conscience, nous sommes nous-mêmes le divertissement des autres, comme ils sont le nôtre. Regarder passer la rue reste un de mes loisirs favoris. Je m’y reconnais. J’y note mes propres ridicules, mes insuffisances, mes prétentions stupides, mes défauts d’apparence, mon inélégance, ma balourdise. Ces gens, dont je souris, témoignent seulement de ce que je suis. ».

Igor Rodrigues Ramos


Petit éloge de la vie de tous les jours

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