La sorcière rousse – F. Scott Fitzgerald

la-sorciere-rousse-fitzerald-nouvelles-il-etait-un-livreMerlin Grainger est un jeune homme comme il y en a à chaque coin de rue dans l’Amérique des années fo-folles. Il rêve, il pense, il imagine, il souhaite. Il vit à New York et est un modeste libraire, qui pourtant n’a pas l’air si passionné par les livres ou tout simplement par la lecture. Dommage pour lui. Non, ce ne sont pas les mots qui l’envoûtent mais une femme « aux cheveux roux ombrés de violet » qui est toujours présente lors des instants saillants de sa vie. Étrange coïncidence ou mystérieuse volonté? Est-ce un hasard ou tout est planifié méticuleusement? Une chose est sûre: cette charmante rousse n’est pas une femme comme les autres. Mais qui est elle vraiment? Nous savons qu’elle s’appelle Caroline mais un prénom ne nous renseigne jamais sur la personne elle-même, ses actes, ses motivations, son passé.

C’est bien la question que l’on va se poser durant toute notre lecture et qui trouvera une réponse lors des dernières pages seulement. Et c’est grâce – ou à cause – de ce questionnement que l’on grignote les pages sans vouloir s’arrêter. C’est un peu comme manger des cacahuètes: quand on commence, dur de s’interrompre. On aurait presque voulu que la nouvelle se change subitement en roman afin de faire durer un petit peu plus le mystère mystérieux. Mais un roman aurait été trop long pour le propos. Vous l’aurez compris, F.Scott Fitzgerald a le don pour nous tenir en haleine, de manière pourtant simple, mais jamais simpliste.

Je l’ai déjà dit dans mon article sur La coupe de cristal taillé, toujours du cru de Fitzgerald, mais le destin est un élément central dans son Œuvre. Cette fois-ci, le concept se donne à nous, non pas à travers ce que l’humain ne peut contrôler, mais à travers ses choix, ce qui dépend de lui, ses responsabilités. En effet, lorsque l’on opte pour tel chemin, d’autres sentiers sont abandonnés. Nous nous sommes déjà tous posés cette question: si j’avais fait ce choix, que serait ma vie maintenant? Serais-je plus heureux? Ou, au contraire, plus malheureux? À travers cette écriture épisodique, qui passe du coq à l’âne temporellement parlant, Fitzgerald nous démontre que nos choix ont un impact considérable sur la façon que l’on a de percevoir notre propre vie. Parfois on les assumes avec plaisir, parfois on les regrette avidement. Et bien sûr, c’est toujours trop tard que l’on s’en rend compte!

Un autre marronnier de l’auteur: la pauvreté et la quête de la richesse. Ici, nous découvrons le point de vue d’un jeune homme à la situation modeste mais aux aspirations luxueuses. Banal me direz-vous. Pourtant, à travers sa plume, l’auteur nous emmène à travers une critique de la société américaine de l’époque, teintée ici et là d’une forme de surréalisme, tout du moins en apparence. Dame ironie elle aussi est parfaitement  maîtrisée ici.

Une nouvelle, à la fois courte et profonde, qui fera se questionner tout un chacun sur la portée de ses choix. Attention: regrets et/ou fiertés à l’horizon! 

Igor Rodrigues Ramos


La Sorcière rousse

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